Y a-t-il encore de la place pour le mystère ?

Le 02 / 01 / 10

Musique et Marketing. Deux termes que beaucoup voudraient ne jamais avoir vu associés. Mais avec l'explosion des auto-productions et l'émergence des réseaux sociaux, il est désormais rare qu'un artiste ne prenne pas lui-même en main la promotion de son projet, là où auparavant ce domaine était pris en charge par l'équipe marketing de son label. Je viens de lire un article intéressant de Chris Robley qui remet un peu en question la « marketisation » des techniques de communication des groupes, voici donc un résumé de sa pensée.

C'est pas bientôt fini avec tout ce jargon marketing ?

Depuis quelques temps, on a tendance à penser que les musiciens indépendants sont des génies du marketing, et tout un jargon s'est greffé autour de cette activité extra-musicale consistant à trouver les meilleurs moyens de promouvoir et vendre sa musique. Là où on ne parlait simplement que de « tournées », d' « interviews » et de « nouvel album » il y a encore 10 ans, désormais on parle de « direct-to-fan », de « valeur ajoutée » et de « call to action ».

Je trouve ça tout de même un peu effrayant. Bien que ces termes sont parfois adaptés lorsque vous débattez des concepts et de la mise en place de certaines actions, vos fans n'ont pas forcement envie de se sentir broyés par votre grosse machine marketing. Tous ce qu'ils veulent, ce sont des mélodies, des dates de tournées, des histoires, et parfois,pouvoir parler avec vous.

Quel est le contraire d'un «call to action » ?

Prenons un peu de recul . Il semble évident que la meilleure façon de pousser quelqu'un à faire ce que vous voulez (acheter un CD, consulter une chronique, assister à un concert, etc) c'est de lui dire de le faire. Mais même si cela est vrai dans la plupart des cas, il y a beaucoup d'exemples où la connexion est faite avec le public à travers l'exact opposé d'un "call to action" : en utilisant du mystère et un peu de désinformation.
Un exemple parfait est arrivé dans ma boîte de réception aujourd'hui : Tom Waits.

L'e-mail venant d' Epitaph Records a été intitulé "Tom Waits: Permission to Come Aboard?" Le corps de l'email était une image de Tom habillé comme un pirate avec un cache-oeil, brandissant un coutelas, avec une seule phrase "Coming August 7th"

Mais quoi? Qu'est ce qui va se passer le 7 aout ? Un album? Une tournée? Un film? Une croisière pirate avec Tom Waits ? Les rédactions web sont en effevescence : Rolling Stone, Brooklyn Vegan, San Francisco Weekly, ils se demandent tous ce qui va bien pouvoir se passer ce satané 7 août. Et quand le 7 août va arriver, Tom Waits aura eu une double couverture : le teaser et l'annonce réelle.

Évidemment, on ne peut pas tous être aussi étrange que Waits, aussi mystérieux que Radiohead, aussi original que Nine Inch Nails, mais il existe des manières d'attiser la curiosité de son public sans forcément rester connecté 24h sur 24h sur Facebook, Twitter et YouTube !

Vous trouverez l'article original ici: http://diymusician.cdbaby.com/2012/07/what-happened-to-mystery-in-music-marketing/

Bien sûr, faire du teasing à la manière d'Epitaph avec Tom Waits, c'est quand même faire du marketing. Et bien sûr, à notre époque « tout est communication », mais je pense que l'essence de cet article c'est de mettre en avant qu'on peut encore, et heureusement communiquer sur son projet, sans «tout calculer », laisser un peu de place à la légèreté, au mystère et au « non-commercial » dans les messages que vous envoyez à votre public.

Et vous qu'en pensez vous, êtes vous prêt à optimiser tous vos messages pour qu'ils vous rapportent immédiatement quelque chose ?

Ecrire un commentaire

Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés