Les meilleures activités pour s'améliorer tout en s'amusant en répétition

Le 23 / 01 / 19

Suivant les groupes, suivant les moments, la répétition peut aussi bien incarner une punition qui consiste à jouer les morceaux au plus proche de la perfection, qu’une agréable récréation musicale pendant laquelle on cherche à accoucher de quelque chose d’écoutable tout en faisant des pauses tous les quarts d’heure. Afin d’agrémenter un peu ces moments qui peuvent paraître routiniers, voici quelques suggestions éprouvées, afin de mettre un peu (plus) de fun dans la pratique et de trouver des pistes originales pour renouveler vos morceaux.

Les meilleures activités pour s'améliorer tout en s'amusant en répétition

Jouer les morceaux sans le chant

Les plus perspicaces auront compris que cette idée ne s’adresse qu’aux formations qui ont des morceaux intégrant des parties chantées. Ceux là pourront trouver, en plus d’un soulagement pour ceux qui détestent la voix de leur chanteuse / eur, une occasion de tendre l’oreille sur des parties instrumentales manquantes ou superflues, et d’adapter les arrangements en conséquence afin de soutenir le chant au mieux.

LE TRUC | vous allez pouvoir tester ce que donnent vos morceaux lorsque vous aurez un succès dingue et que vous ferez ce truc que vous jugez minable aujourd’hui mais qui vous collera des putains de frissons plus tard en concert : laisser le public hurler vos paroles à votre place (si, si, c’est sûr, vous le ferez...).

Jouer les morceaux en enlevant un instru différent à chaque fois

Dans la même idée, peut-être que ça vous ouvrira les yeux sur le fait que certaines de vos parties sont simplement inutiles et que le morceau sonne encore mieux avec un peu d’air.

LE TRUC | vous pouvez combiner en enlevant un instru par refrain / couplet / pont, histoire que tout le monde suive au mieux. Ce sera, qui sait, un bon moyen pour se débarrasser définitivement de ce chorus de basse qui pourrit tout le morceau selon vous.

Essayer de jouer les morceaux le plus doucement possible

Peu importe que vous jouiez du grind ou de la cumbia, il y a toujours moyen de diminuer la masse sonore d’un morceau, comme si vous chuchotiez vos parties respectives. Vous sentirez ainsi mieux les nuances, le
tout étant de jouer très bas, sans pour autant gommer les intentions. Très compliqué. Très formateur.

LE TRUC | si vous y arrivez sans dommage, vous pourrez ainsi répéter en appartement sans même importuner le psychopathe du dessous. Cool.

Augmenter ou diminuer sensiblement le tempo (et le respecter)

Essayez de déterminer le tempo « normal » de votre morceau, et jouez- le avec quelques points de moins/ plus, puis si c’est possible deux fois plus lentement/ vite, et comparez non seulement les sensations que chacun a à son instrument, mais également sur le groove du morceau en général.

LE TRUC | déterminez un tempo précis au départ, et n’oubliez surtout pas de le comparer à celui d’arrivée. On n’est pas obligé de faire dans la précision chirurgicale mais ça améliorera toujours votre jeu de pouvoir suivre un temps donné en groupe, même si vous choisissez de vous en foutre en concert. Ce sera alors un choix délibéré et non un acte avéré de rienabranlisme.

Chanter les parties respectives de vos morceaux a capella

Si vous le faites sérieusement, ça peut être vraiment tripant, mais forcément aussi, être la porte ouverte à toutes les blagounettes. Bon, forcément ça dépend un peu de ce que vous jouez et de vos aptitudes au chant / beatbox et autres délicatesses vocales, mais essayez, vous allez voir, si ça marche, c’est bien.

Entraînez-vous sur un passage facile qui s’y prête particulièrement. Et si ça ne marche pas, il y a quand même moyen que vous vous marriez un bon coup.

LE TRUC | à vous le bonus album inédit 100% a capella de votre prochain album que vous intitulerez « Accapulca » et que vous donnerez à tous ceux qui achètent le combo “album + tshirt + pins parlant”.

Jouer les morceaux à l’envers en découpant les parties

Si vous faites dans le mat rock symphonique ça promet d’être compliqué, mais sur des compos à peu près simples c’est un sacré pari que de pouvoir se lancer dans l’idée de les jouer à rebours. Comprenons nous hein, il ne s’agit pas d’inverser le tout, juste de commencer par l’outro, puis d’enchaîner sur le dernier refrain, puis le dernier couplet, etc. Une bonne gymnastique du crâne qui va vous coûter quelques arrachages de cordes.

LE TRUC | si vous commencez à performer en la matière, vous pourrez commencer le prochain concert par vous faire payer et ramasser les groupies. Malin...

Tenter la totale acoustique

Ou l’ultraélectrique, si vous faites déjà dans la musique très tranquille. Au-delà du cliché “unplugged”, essayez donc de voir les couleurs que prennent vos morceaux avec ces nouvelles teintes et ces nouveaux sons.

LE TRUC | vous percevrez sûrement des choses non entendues jusqu’alors, et qui sait si garder une gratte en acoustique sur un de vos morceaux gras ne sonnerait pas comme une bonne idée ? Ou a contrario caler une pédale de disto sur ce clavier pendant votre ballade ?

Inviter quelqu’un à assister à votre répèt

Idéalement quelqu’un qui ne connaît pas vos morceaux, qui pourrait venir improviser en totale liberté, et donner son avis sur le fond et la forme. Ca peut bien sûr être un pote, mais aussi quelqu’un que vous connaissez moins, ou même à qui vous proposez ça via un concours ou un simple post Facebook.

LE TRUC | si les sensations sont bonnes, avec un peu de chances vous voilà avec un nouveau membre dans le groupe, ou juste un featuring cool pour la prochaine session studio. Et pourquoi ne pas reproduire ça régulièrement, histoire de faire bouger un peu les habitudes ?

Eteindre la lumière

On n’a rien inventé, l’ami Axel l’a chanté bien avant qu’on l’écrive, mais pour l’avoir expérimenté plus d’une fois, ça peut être une grande source de fun et d’inspiration. Ca marche aussi les yeux bandés, mais dans le noir c’est vachement mieux. Et même, des fois, quand on crie, ça fait peur...!
surprenez votre public en plein concert avec

LE TRUC | un effet « les plombs ont sauté partout sauf pour les amplis » du plus bel effet. Si Amadou et Mariam l’ont fait sur toute une série de concerts, pourquoi pas vous sur un morceau ?

Echanger vos instruments

Pour ceux qui le peuvent évidemment. Il ne s’agit pas non plus que ça tourne à la jam session de débiles, mais ça peut être l’occasion de trouver de nouveaux plans et de se les refiler, quitte à garder ces instrus différents juste pour ce morceau, et faire en sorte qu’en plus de nouvelles idées il se passe un truc sur scène en concert.

LE TRUC | le potard de votre basse donne des signes de faiblesse ? Refilez-la à un des membres du groupe et accusez-le après l’avoir récupérée, vous voilà avec un instrument réparé à ses frais !

Réécouter les titres juste après, tous ensemble, et analyser à chaud

Très important. Tout ça n’est pas suggéré qu’à des fins de marrades et si vous voulez en tirer quelques enseignements (voire vous poiler encore un coup),     il fait bon se caler un moment après la session pour tendre l’oreille sur tous ces expérimentations.

LE TRUC | si vous n’êtes pas trop pressés en studio la prochaine fois, tentez donc de faire quelques prises avec une ou plusieurs de ces contraintes, vous pourrez sûrement vous amuser et faire quelques edits au moment du mix avec les meilleurs passages.

Jouer sans boire / fumer

Ce sera peut-être le plus dur pour certains, mais prenez le comme une expérience mystique, un peu comme aller aux fêtes de Bayonne sans boire une goutte, ou regarder les questions au gouvernement   à la télé sans avoir ingéré aucun psychotrope. Si ça se trouve, vous ressortirez de cette répétition en ayant eu des sensations de maîtrise jamais vécues jusque là, et vous rendrez compte que jouer à jeun peut aussi procurer quelques avantages.

LE TRUC | une assurance vie bien plus intéressante, une carrière qui s’allonge, une haleine qui fait désormais vibrer le sexe opposé, votre peau qui se raffermit, les riffs que vous n’oubliez plus, bref pas mal d’avantages en somme.
 
Les special mega combo extra (de la) ball
Vous vous procurez deux dés et en début de répèt vous tirez au sort chacun à votre tour. Les deux numéros qui tombent correspondent à deux des exercices précédents à cumuler. A vous les morceaux à jouer à l’envers dans le noir en totale acoustique !

Et sans être bourré en plus !

Ecrit par Cousin Cool
Cousin Cool se situerait dans la carrière musicale entre Père Castor, Cousin Machin et Daddy Cool. 30 ans qu’il traîne sa carcasse barbue dans les salles et les studios en tant que bassiste, ingénieur du son et régisseur. Du nord au sud de l’Europe, de l’est à l’ouest de l’Amérique, Cousin Cool a bossé avec les plus grandes divas comme avec les pires crasseux. Dans la famille Cool, il n’a jamais été père ou a refusé de le(s) reconnaître. Mais chez les Cool, on est dans le son de la tête au pied, de père en fils depuis une génération, et peu importe si celui de Cousin l’a abandonné à la naissance. De cela comme de tout sauf du son, Cousin se fout complètement et on le lui rend bien.

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