Crise économique ou réelle crise du disque ?

Kevork, ingénieur de Mastering chez « Kevork Mastering » partage son point de vue avisé sur l’Industrie du Disque. S’adressant aux artistes et aux producteurs, il clarifie le phénomène de la « Crise du Disque » et opte définitivement pour la qualité. Explications… 

 

Crise « économique » ou réelle « crise du disque » ? Il y a trop d’informations simplistes qui circulent sur ce sujet, souvent négatives, et j’en profite pour mettre à plat quelques vérités dont beaucoup de consommateurs n’ont pas forcément conscience. En effet, en ces temps de crise économique où l’accès à la musique change radicalement, le tableau est contrasté : certains dénoncent la perte qualitative, d’autres approuvent la commodité. On parle aussi de coût… 

Les professionnels de la musique et les artistes sont directement concernés. 

Le disque en crise : que s’est-il passé ? 

La « crise » : c’est ce qui ressort depuis l’émergence du « mp3 » dans les années 1995 et de son échange à travers les réseaux Internet, phénomène croissant qui bouleverse une industrie du disque en plein désarroi. Tout l’avantage de ce petit fichier informatique repose sur le fait qu’il ne pèse que quelques Mégaoctets contre en moyenne 5 à 10 fois plus pour le fichier « cd ». Par conséquent le piratage prend une envergure beaucoup plus grave dans les années 2000 quand l’accès internet à Haut-Débit s’installe: en 6 ans le marché perd 60% de sa valeur. Personne n’avait prévu une telle ampleur, ni même les Majors. (1)

Aujourd’hui, la vente de disque se poursuit malgré tout, même si nous sommes incroyablement loin du profit marketing des années 90 durant lesquelles les bénéfices sur les ventes avaient quadruplé grâce à l’engouement que suscitait le CD. Mais si le marché du disque s’est effondré en quelques années, les ventes digitales augmentent depuis 2004, ramenant en 2010 un marché global qui ne perd « que » 50%. Et, à mon avis, l’avenir présage de bonnes nouvelles : le rapport Nielsen et Billboard 2 de janvier 2012 montre qu’en 2011 les ventes digitales dépassent les ventes physiques aux Etats Unis. Ce qui conclut dans le continent une vente totale record de musique depuis 2004. 

Un remède attrayant 

Pour faire face à ce piratage à grande échelle, dès 2006 les mesures gouvernementales en France semblent efficaces, même si il reste difficile de lutter contre un piratage dont les procédés tendent à évoluer malgré tout. Dès lors, les Majors comprennent que le marché ne peut survivre que par le biais d’un commerce à moindre coût : achat en ligne ou formules d’abonnement sur des plateformes spécialisées. Un nouveau marché s’ouvre : efficacité en toute légalité, à la portée de tous… il convient donc à la grande majorité. 

Qualité… vous avez dit Qualité ? 

Cependant, nous sommes tous conscients de la perte de « qualité » que la compression mp3 engendre : une partie « audible » de la musique est retirée à jamais, il est donc impossible de récupérer la qualité du format original. 

Ce format se vend bien car il est « pratique » : disponibilité, coût, portabilité, stockage. Il demeure intéressant pour des utilisations quotidiennes sur des petits systèmes de reproduction sonore avec lesquels il n’est pas utile de différencier la lecture d’un mp3 de celle du même fichier non compressé… La meilleure qualité d’un mp3 correspond à un débit binaire maximal de 320 kilobits/seconde. Or beaucoup de sites vendent des fichiers possédant une valeur en-dessous : leur qualité est inférieure. (2) 

Malgré tout, quelques sites proposent une partie de leur catalogue en format « Lossless », c’est-à-dire « sans perte » : on dispose alors du téléchargement des fichiers originaux de « qualité CD » en toute légalité. Le site français Qobuz fait plus fort : non seulement il propose ces

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