Comment Internet développe les ventes de vinyles !

Le 02 / 01 / 10

Je viens de lire un article proposant une vision assez intéressante et plutôt originale de la croissance du volume des ventes de vinyles de ces dernières années et son lien avec le développement d'internet. Je vous en propose ici une version traduite en français pour vous qui pensez que Google Traduction a encore des efforts à faire sur le traitement de sa syntaxe.

Pour introduire cet article, il faut savoir que les ventes de vinyles sont en croissance constante chaque année depuis 2008, comme le montre ce graphique:

L'auteur de cet article, Joe Petro est un jeune diplômé de la New York Law School et avocat en devenir.

"Ça ne semble pas vraiment évident au premier abord, mais je crois que la croissance des ventes de vinyles de ces dernières années est intimement liée à l'outil qui a largement contribué à l'avenement du MP3: Internet. Le numérique est devenu au fil du temps le meilleur moyen de promotion de l'analogique.
Pour bien commencer mon argumentaire, faisons table rase de tous les soucis que l'ère numérique a causé à l'industrie musicale (faillite de labels, piratage, etc) et concentrons nous tout simplement sur nous-mêmes en tant que consommateurs.

L’avènement d'Internet a déclenché une révolution.

Internet est un outil phénoménal pour le consommateur, car qu'on le veuille ou non, que ce soit par des moyens légaux ou illégaux, jamais il n'a été plus facile de découvrir, partager, écouter et posséder de la musique.

Je pense que nous ne mesurons pas forcément l'impact d'Internet dans notre quotidien, parce qu'en tant que consommateurs, nous n'en avons jamais été privés depuis que nous y sommes connectés. De la même façon que je ne remets pas en question la politique de free-refill de mon restaurant préféré, je ne remet pas en question ma connexion à Internet. Les choses sont comme elles sont et c'est très bien pour nous... Cependant, il y a un problème.

Il y a trop de titres, trop d'albums, trop facilement accessibles sur Internet.

En fait, on aurait tort d'appeler ça un «problème». Imaginez que vous ayez tellement d'argent que vous n'aurez jamais assez de temps pour le compter. Vous pouvez choisir de voir ça comme un "problème" parce que vous êtes un maniaque de la comptabilité, mais objectivement, ce n'est pas vraiment un «problème». Il s'agit plutôt d'une «conséquence malheureuse de votre immense fortune ». Et, c'est justement à ce type de «conséquence malheureuse de votre immense fortune » que les consommateurs de musique sont désormais confrontés.

Comment faisait-on avant ?

En quelques clics de souris, vous pouvez désormais écouter la chanson que vous désirez. Lorsque j'étais plus jeune, avant d'avoir accès à Internet, on fonctionnait comme ceci: on économisait son argent de poche pendant des semaines, on réfléchissait soigneusement au choix de l'album pour lequel on allait dépenser tout cet argent, on devait convaincre un de nos parents de nous emmener au magasin de disques, on achetait l'album, et puis, pour le meilleur ou pour le pire, on était obligé d'écouter cet album.

Cette époque est révolue.

Maintenant, il n'y a plus aucune période de délibération. Que ce soit par des moyens comme YouTube, Spotify, Deezer, torrent, ou l'un des millions d'autres services, vous pouvez écouter n'importe quelle chanson sur un coup de tête. Si vous ne l'aimez pas, pas de problème, vous pourrez passer directement au morceau suivant. Et c'est très bien pour de nombreuses raisons: vous gagnez de l'argent, vous pouvez découvrir plus facilement de nouveaux artistes, et vous ne ferez jamais l'erreur malheureuse d'acheter un album de Metallica en collaboration avec Lou Reed sans savoir à quoi vous attendre.

Le seul inconvénient est que cette offre infinie de musique est complètement écrasante.

Prenons un exemple pour mieux illustrer mon propos. Disons que vous venez d'écouter "Like A Rolling Stone" de Bob Dylan pour la première fois. Rien de surprenant là dedans mais vous êtes très intrigué et vous commencez à vous demander ce qu'il a bien pu enregistrer d'autre, cet homme là. Eh bien, avant d'aller dépenser à l'aveuglette votre argent durement gagné pour acquérir l'un de ses albums, vous allez « goûter » sa musique gratuitement sur Internet.

Il semble y avoir deux méthodes en vigueur pour arriver à vos fins. La première option consistera à utiliser Spotify ou Deezer. Si la musique de l'artiste est disponible sur le service, et celle de Dylan l'est, vous pourrez la découvrir gratuitement. Et non seulement sa musique est bien organisée par album, mais il y a même des applications conçues pour la mettre en valeur.

La seconde méthode consistera à télécharger la musique, gratuitement, à travers un torrent. Bien que ce soit la méthode illégale, cela ne signifie pas que la méthode est réservée à une élite de hackers. En fait, je serais prêt à parier que, avec peu voire aucun effort, une personne raisonnablement technophile aurait accès à la discographie entière de Dylan et pourrait la télécharger sur son disque dur via torrent en moins de 10 minutes. Et aujourd'hui, qui n'est pas un « raisonnablement technophile » ?

Comment écouter tous ces titres ?

Alors maintenant, grâce à l'une de ces deux méthodes, vous avez désormais des milliers de chansons de Bob Dylan à porté de clic. Pour écouter n'importe laquelle de ces chansons, tout ce que vous avez à faire c'est choisir et cliquer. Vous n'avez pas à choisir un album. Vous n'avez pas à nettoyer le CD, rembobiner la bande, ou renvoyer votre lecteur Mini Disc à Sony pour le faire réparer pour la septième fois. Vous pouvez juste choisir une seule chanson ! Alors, par où allez-vous commencer? Par le début de la discographie et l'écouter en entier? Par la fin? Mettre le lecteur en "shuffle" ? Une telle œuvre n'est pas facile à digérer dès la première écoute. Et peu de gens ont la patience et la maîtrise de soi nécessaire pour le faire. Nous avons les yeux plus gros que le ventre, et je pense que les gens commencent à s'en rendre compte. Ceux qui comme moi en ont pris conscience veulent pouvoir vivre une expérience plus intime avec la musique, et pouvoir poser les mains dessus. Ils se rendent compte que l'écoute de la musique devrait être active et non passive.

Internet : la grande radio

Lorsque vous comprenez le fait que la musique est disponible à travers des milliers d'autres canaux sur le web, vous pouvez commencer à mieux comprendre la situation dans son ensemble. On peut voir la chose comme un poste de radio gigantesque et très complexe. Toutes les stations diffusent toute la musique du monde et vous pouvez y trouver tout ce que vous voulez en choisissant la bonne station... mais il y a beaucoup trop de stations pour choisir. Les meilleurs titres sont à votre portée, mais vous êtes incapable d'en choisir un.

Et vous-savez ce qui est arrivé à l'enfant qui a obtenu tout ce qu'il a jamais voulu? Il a commencé à acheter un vinyle.

Cela ne veut évidemment pas dire que le choix disponible sur Internet et l'envie des consommateurs de vivre une expérience d'écoute plus active sont les seules raisons de la reprise des ventes du vinyle. Certaines personnes adorent l'aspect vintage du support. D'autres préféreront apprécier l'artwork en grand format. Certaines personnes aiment toucher la musique qu'ils possèdent. D'autres ne jureront que par la qualité du son d'un bon pressage vinyle.

Mais la plus belle chose à propos du vinyle, c'est que le format oblige le consommateur à s'asseoir et à écouter. Il n'y a pas de clic possible. Vous ne pouvez pas sauter d'une chanson à l'autre. Le niveau d'appréciation entre la lecture d'un MP3 et la lecture d'un disque vinyle est aussi différent qu'entre le déballage d'un plat préparé surgelé et la préparation d'un gâteau fait maison. Ça prend du temps, mais on est impliqué dans l'écoute, on interagit avec la musique.

Gouter un mp3 sur Internet, déguster un bon vinyle sur son lit.

Pensez à la dernière fois où vous avez décidé d'écouter de la musique. Maintenant, pensez à la dernière fois où "écouter de la musique" était la seule activité que vous vouliez faire. Je veux dire, la dernière fois où la musique n'était pas seulement un accompagnement d'une autre activité, comme se rendre au travail, surfer sur Internet, ou cuisiner. Simplement écouter de la musique. Évidemment la musique peut accompagner toutes ces choses bien, mais elle peut se suffire à elle même, c'est sa force.

Quoi qu'il en soit, je suppose que ça fait un certain temps que vous n'avez pas choisi un album avant de vous étendre sur votre lit, pour l'écouter sans rien faire d'autre. Si je ne me trompe pas, je vous suggère de (re)faire cette expérience. Et si vous ne pensez pas avoir le self-control nécessaire pour le faire, c'est qu'il vous manque peut être le bon vinyle..."

Source: MusicThinkTank

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