5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

Le 23 / 01 / 19

Vous êtes au collège et montez votre premier groupe ? Vous lancez enfin votre projet perso après cinq ans de travail acharné ? Vous pondez un énième concept musical qui c’est sûr cette fois va cartonner ? Vous êtes de vieux briscards et cherchez à donner un coup de frais au nom de votre groupe trouvé quand vous étiez encore boutonneux (« Les Vieux Briscards » c’était marrant à l’époque mais maintenant vous l’assumez moins bien) ?

Une chose est sûre : votre nom en dira beaucoup sur vous, avant même qu’on tende l’oreille à votre musique. Or à chaque naissance son baptême, moment clé qui déterminera la vie du groupe autant que ses compos ou les frasques qui en accoucheront. Pour assumer au mieux cette étape cruciale, nous vous donnons ici quelques pistes pour pondre le nom de l’année.
Celui qui pour la presse, fera à coup sûr de votre projet un « nom à retenir ».

5 manières de trouver un nom de groupe qui a la classe

1 - L’air du temps

Comme les prénoms de bébés qui ont leurs best sellers à chaque génération, les noms de groupes ont des tocs de langage et des effets de mode suivant les périodes. Ainsi de nos jours, pour chercher la hype à tout prix, on aura le choix entre trouver un terme ou un prénom français qui se veut énigmatique, ou choisir l’association de plusieurs termes anglais répétés au moins deux fois qui donneront un tour encore plus énigmatique. On peut enfin associer ces deux idées, mais là on tend carrément vers l’ésotérique.

LES PLUS | C’est hypesque au possible. Les inrocks accrocheront au premier coup d’oeil.

LES MOINS | L’air du temps passe, et à trop jouer la mode on se trouve vite suranné, obsolète, poussiéreux comme une batterie sans peaux.

EXEMPLES

« Ecchymose », « La Glace », « Hypersilence », « You you sunshine », « Ride my pony pony pony », « Kevin and the Strings », « La Pony Pony Glace »...

2 - Le Brainstorm

C’est la voix logique certes, mais également la plus risquée. Vous avez à peine commencé à répéter, surfez encore sur l’enthousiasme naïf que vos seuls riffs révolutionnaires vont faire de vous le « prochain groupe à surveiller », et vous imaginez une petite réunion au local avec les autres membres afin de déterminer ce sobriquet. Vous ne vous doutez pas que vous faites ici face aux premières difficultés de communication, aux manques de cohésion et aux égos naissants de l’histoire du groupe. À vous les prises de têtes, les « moi j’pense que », les « attends mais t’hallucines » et les « ben on n’a qu’à en rediscuter la prochaine fois parce que là on arrive à rien »...

Un conseil dans ces cas-là, dès que vous sentez que vous tenez quelque chose, concluez et adoptez le patronyme choisi définitivement. Dans le cas contraire, la moindre occasion sera propice à la remise en question de ce nom, donc du groupe. Adjugé.

LES PLUS | Vous ne devez ce nom qu’à vous et pourrez vous targuer d’avoir mis en place dans votre groupe un système démocratique dès son baptême.

LES MOINS | Imaginez quelques secondes que vous ayez une carrière aussi longue que Johnny ou les Stones ? Quelle que soit l’ampleur de votre succès, ne vous loupez pas, parce qu’il va falloir assumer cette décision à chaque fois qu’on vous posera la question.

EXEMPLES

« Les Bronzés Font du Ska », « Blanche Neige et les Sept Mains », « Johnny Hallyday », « Les Vieux Briscards », « Inspect Her Gadget ».

3 - Le diktat

Optant pour une stratégie naturellement opposée à la précédente, vous adoptez la voix de l’autocrate et emmerdez profond la démocratie. Après tout c’est VOTRE groupe et VOS compos. Enfin... c’est pas vraiment vos compos et vous n’êtes pas seul dans le groupe, mais vous vous cramez assez la couenne à rameuter tout le monde à chaque répèt et à gérer l’organisation de ce putain de groupe anonyme depuis six mois, c’est donc le moindre des droits que de le baptiser !

LES PLUS | Vous pourrez toujours dire « perso je trouve qu’il claque grave ce nom ».

LES MOINS | Attendez-vous à ce que votre batteur veuille décréter le nom du premier album, votre gratteux le nom de tous les morceaux, et votre bassiste le nom de votre remplaçant. Bref, pas forcément la meilleure stratégie si vous visez la longévité, à moins d’être très fin psychologue. Ou alors soyez DJ, ou homme orchestre, en tout cas seul sur scène.

EXEMPLES

« The Wam », « Me and myself », « Nombril de mon monde à moi », « Fuckmeiwillbefamous ».

4 - L’avis du public

Vous n’avez pas d’inspiration, vos réunions finissent en combats de catch dans la boue tellement vous n’arrivez pas à vous décider sur un nom à donner à votre fabuleuse formation ? Ok. Alors plus simple et moins engageant que de demander de l’argent grâce à une plateforme de financement participatif, demandez à vos futurs fans de trancher pour vous. Rien de tel qu’un sondage auprès de vos familles et amis pour mettre en place la vraie mascarade de démocratie que vous n’arrivez pas à instaurer au sein de votre band.

Encore plus fort, faites simplement un appel à projet de noms de groupes auprès de vos proches, et offrez au gagnant en avant-première un album dédicacé même pas encore enregistré.

LES PLUS | Vous faites parler de votre groupe avant même qu’il ne s’appelle. Classe.

LES MOINS | Vous risquez de perdre tous les membres de votre famille et les amis dont la suggestion n’aura pas été retenue. Après tout, une carrière musicale nécessite quelques sacrifices.

EXEMPLES

« Mon nom est Personne », « No Idea », « Démerdez-vous »

 5 - Le générateur automatique

Vous n’avez ni inspiration, ni amis. Vous pouvez commencer par vous interroger sur la raison qui vous pousse à former un groupe, et plus encore sur ses capacités de succès, mais passons... Et disons que vous pouvez toujours baptiser votre projet solo grâce au genre d’outil suivant : bandnamemaker.com Existe aussi en version métal, grâce au fabuleux Metalotron d’Arte Live Web : metalotron.liveweb.arte. tv/fr

LES PLUS | C’est torché en un clic, et aucune prise de tête possible avec qui que ce soit sauf votre ordinateur.

LES MOINS | Songez quand même à la réponse que vous donnerez quand on vous demandera de façon très originale « Mais pourquoi un nom pareil ?? ». Pas complètement gagné non plus.

EXEMPLES

« Pregnant Humanity », « Lucrative Bird And The Reckless Lover », « Coronary Abraham », « Johnny Hallyday »...

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Et vous alors ? Vous avez des anecdotes croustillantes sur la manière dont vous avez trouvé le nom de votre groupe ? Si c'est le cas n'hésitez pas à questionner directement l'auteur de ce post dans les commentaires.

Ecrit par Cousin Cool
Cousin Cool se situerait dans la carrière musicale entre Père Castor, Cousin Machin et Daddy Cool. 30 ans qu’il traîne sa carcasse barbue dans les salles et les studios en tant que bassiste, ingénieur du son et régisseur. Du nord au sud de l’Europe, de l’est à l’ouest de l’Amérique, Cousin Cool a bossé avec les plus grandes divas comme avec les pires crasseux. Dans la famille Cool, il n’a jamais été père ou a refusé de le(s) reconnaître. Mais chez les Cool, on est dans le son de la tête au pied, de père en fils depuis une génération, et peu importe si celui de Cousin l’a abandonné à la naissance. De cela comme de tout sauf du son, Cousin se fout complètement et on le lui rend bien.

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