Six bons moyens de continuer à attirer des gens à vos concerts

Le 18 / 04 / 16

"Hey, et si je te paie la place tu viens ? Nan ?? Et si je te paie tout court ? Toujours pas ??? T’es dur…"

On connaît tous des groupes qui proposent à peu près le même live depuis dix ans (si, si, on en connaît), et ce dans tous les styles de son. Cette sensation d’être arrivé à un niveau artistique satisfaisant et de pouvoir surfer sur la vague des finances et de la renommée. Pourquoi pas… Vous avouerez qu’il est quand même plus satisfaisant de se sentir pousser les ailes de la créativité et du renouvellement toute sa carrière, nan ? D'autant que cela peut aussi avoir pour conséquence, au delà de la stimulation personnelle, de toucher de nouveaux publics, et même pourquoi pas de gagner de l’argent. Fou... Certaines techniques et idées peuvent aider à cela, et si vous n’y avez pas déjà songé, les voici listées. A vous de tester !

 



>> Partager la scène avec d’autres groupes et musiciens
On ne vous parle pas ici d’un petit featuring sur un couplet ou un solo de sax du groupe d’à côté. Non, on vous parle d’une vraie collaboration, de création commune, qu’il s’agisse d’un musicien ou d’un groupe. Non content de partager de nouvelles méthodes de boulot, vous donnerez de nouvelles vies à des morceaux existants, en créerez de nouveaux, et ferez plaisir à votre public par ce vent de notes fraiches, tout en pouvant décemment draguer le public fidèle aux musiciens avec qui vous partagez la scène et la route.

Le bon exemple : La Colonie de Vacances. Quatre groupes dans le(s) camion(s) (Electric Electric, Marvin, Papier Tigre, et Pneu), et un véritable concert quadriphonique avec quatre scènes dans une même salle. Si ça c’est pas du renouvellement…
 

 


>> Inversez les genres
Rien de plus cool que de se travestir un peu et de se mettre du maquillage quand on est un mec, ou de la barbe quand on est une nana. Prenez ce contrepied musicalement, en jouant pendant un concert ou une tournée en totale acoustique si vous êtes plutôt du genre bourrin, ou avec du bon son bien lourdaud si vous faites d’habitude dans l’acoustique. Cela créera forcément l’événement, de la bonne nouveauté pour votre public, tout en ne le désarçonnant pas trop puisque cela reste vos morceaux, finalement revisités par vous-même. Ca marche également avec un petit apport de machines si vous faites dans l’organique pur, ou l’inverse évidemment.

Le bon exemple : Nirvana Unplugged in New York, évidemment.

 



>> Jouez chez l’habitant                 
On en a déjà parlé, mais dans le cas où vous n'êtes guère connus, cela vous ouvrira un potentiel de dates faciles et vous ouvrira forcément à un autre public. Et si votre carrière est déjà un peu ancrée et que vous comptez pas mal de fidèles, cela créera une forme d’exclusivité, avec laquelle vous pouvez jouer un peu, sous forme de concours avec des places pour ces concerts spéciaux à gagner, ou de captations intimistes histoire de proposer de la vidéo originale de votre projet.          

Le bon exemple : Calogero au W9 Home Festi­val en 2014.
 

Nan on déconne.

 


 

 


>> Enregistrez live

Là encore, vous pouvez le prévoir sur un concert (ce qui nécessite d’être sacrément prêt et induit forcément un petit stress supplémentaire), ou plutôt sur une tournée, histoire de sensibiliser tous les spectateurs qui vous suivront sur ces dates, et accessoirement de faire le tri parmi les meilleurs (ou les pires) morceaux suivant les versions et les ambiances.

LeS bonS exempleS : Le live des 20 ans des Ogres de Barback, enregitré devant quelques 250 000 spectateurs au cours des 70 dates de cette tournée, avec pleins de potes à eux comme les Têtes Raides, La Rue Ketanou, Tryo, Debout sur le Zinc, Les Hurlements d’Léo, etc. Qu’on aime ou pas le style, ça a quand même bien de la gueule.

Dans un autre genre, le groupe Caribou Vibration Ensemble envoyait une bonne grosse tournée en 2010, qui aura débouché  un an plus tard sur un live enregistré pendant des dates belges et anglaises, dont les recettes ont été reversées à Gendered Intelligence, une asso qui œuvre pour la reconnaissance de la diversité des genres. Plutôt classe.
 

 


>> Filez des trucs
Non, on ne parle pas ici de vos médiators ou de vos sous-vêtements dont a priori tout le monde se fout. On parle plutôt de trucs cools, comme des invitations pour vos prochains concerts, des albums, des enregistrements exclusifs, etc. Communiquez là dessus en amont, ou jouez l’effet de surprise. Si ça devient votre marque de fabrique, le mot se passera bien assez tôt. Vous pouvez également jouer l’interaction poussée avec votre public, en leur demandant ce qu’ils veulent entendre, faire des sondages, des concours en plein concert, etc.

Le bon exemple : Yo La Tengo, qui a le don de produire des concerts fleuves, qui se transforment souvent en discussions avec certaines personnes du public, en débats pour savoir quel sera le prochain morceau et autres discussions impromptues. La proximité on vous a dit…

 


 


>> Faites des reprises
Mais attention hein, pas des reprises à la mords-moi-le-manche qui n’apportent rien au morceau, des reprises travaillées, des morceaux qui sonnent comme un véritable renouvellement quoi. Cela vous aidera à conquérir un public qui ne vous connaît pas forcément et qui sera ravi d’avoir quelques repères renouvelés dans votre répertoire qui en est vide, et cela vous apportera de la confiance et du fun.

Le bon exemple : il y en a des milliers, heureusement. Au choix Somewhere Over The Rainbow, par Israël Kamakawiwo'ole, Le Vent nous portera par Sophie Hunger, ou Bohemian Rhapsody par les Porkka Playboys.
 


 
 

Vous avez de moins en moins de monde à vos concerts et vous en foutez ? Vous n’aimez vraiment pas trop la proximité car en général ça sent mauvais ? N'ayez pas peur de respirer un coup en nous contactant sur le blog par ici, ou en questionnant directement l'auteur par là.  

 

 

L'auteur : Cousin Cool se situerait dans la carrière musicale entre Père Castor, Cousin Machin et Daddy Cool. 30 ans qu’il traîne sa carcasse barbue dans les salles et les studios en tant que bassiste, ingénieur du son et régisseur. Du nord au sud de l’Europe, de l’est à l’ouest de l’Amérique, Cousin Cool a bossé avec les plus grandes divas comme avec les pires crasseux. Dans la famille Cool, il n’a jamais été père ou a refusé de le(s) reconnaître. Mais chez les Cool, on est dans le son de la tête au pied, de père en fils depuis une génération, et peu importe si celui de Cousin l’a abandonné à la naissance. De cela comme de tout sauf du son, Cousin se fout complètement et on le lui rend bien.

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