Interview Julien Fernandez - Africantape

Le 25 / 02 / 13

"Il est évident que le visuel vient influencer l'écoute, d'une manière ou d'une autre"

Nous rencontrons aujourd'hui Julien Fernandez du label Africantape. Ce musicien émérite passionné de musique, même la plus bizarre, nous parle de l'identité de son label et expose sa vision en tant que directeur de structure.

Salut Julien, peux tu te présenter pour les lecteurs du blog de ConfliktArts ?

 Et bien oui!

Je m'appelle Julien, je m'occupe de l'agence de promotion européenne 5rp ainsi que du label Africantape.

Je suis aussi musicien à mes heures perdues dans les groupes Chevreuil et Passe Montagne.

 

 Tu es donc le créateur du label Africantape basé en Italie, tu peux nous parler de cette structure ?

Je suis seul derrière les manettes du projet. Depuis bientôt 5 ans, je sors des disques de musiques très diverses :

Du rock, du noise rock, du math rock, du punk, de la folk, du hip hop, du bizarre, du classique…

Je travaille avec près d'une trentaine de groupes. Le label est distribué dans un peu plus d'une dizaine de pays. Et jusqu'à maintenant, ça va pas si mal.

 

 La majorité des sorties Africantape disposent d'un artwork classieux et original. C'est une vraie volonté d'ajouter une valeur visuelle à chaque disque ?

 Le choix de l'esthétique visuelle est complémentaire. Il est évident que le visuel vient influencer l'écoute, d'une manière ou d'une autre.

Les artistes choisissent dans la grande majorité des cas ce qu'ils veulent et travaillent avec des graphistes de leur choix. Pour certains projets (Shipping News par exemple) c'est Jeff du groupe qui a imprimé lui même les pochettes. Il a une petite imprimerie, Dexterity Press, à coté de NY, a New Haven. Je me souviens bien, il a fallu imprimer, façonner, tout expédier en Europe, puis faire le montage. Ça a été l'un des projets les plus intéressants à travailler.

 

 Quel est selon toi la part de l'artwork dans la vente d'un disque ? Penses-tu que certaines personnes vont jusqu'à acheter des disques simplement parce que les pochettes leur plaisent ?

Pour tout dire, je ne sais pas vraiment. En tous cas, mes disques préférés ont presque tous une couverture anecdotique.

 

 On peut remarquer sur ton site que tes productions sont mises en valeur d'une manière très spéciale,  tu peux m'en dire plus sur cette idée de destruction de support ? Y a t-il un message derrière tout ça ? Les supports passent, la musique reste ?

C'est juste un choix esthétique. C'est comme un code. C'est plutôt radical je dois bien l'avouer. 

Mon idée originale était simplement de façonner un site et une identité totalement différente de ce qu'on voit habituellement. Il n'y a pas vraiment de message à faire passer. 

 

 Du coup quelle est ton opinion sur la distribution digitale ?

La plupart des gens qui achètent Africantape se dirigent naturellement vers l'objet physique. Mais à mon grand étonnement, de plus en plus de personnes achètent digital. Je l'ai noté surtout sur 2012. Je crois que les nouvelles générations vont plus facilement se diriger vers ce format. L'achat est immédiat, c'est pratique, ça ne prend pas de place, ça pollue moins.

 

 En tant que responsable de label, quel est selon toi la meilleure manière de distribuer des disques en 2012 ?

 Il faut être présent partout pour survivre : magasins, concerts, digital, shop en ligne. Tout se complète et tout a son importance.

 

 Que conseillerais-tu à un groupe qui aimerait signer sur Africantape ?

Je ne sais pas du tout. Depuis plusieurs années maintenant, c'est moi qui vais vers les groupes. A l'avenir, je vais certainement sortir moins de références, mais accentuer plus mes choix sur des projets qui ont aussi une valeur historique (comme je l'ai déjà fait avec Big'n, ou Micah Gaugh par exemple). Clairement, je suis aussi très attiré par des musiques que je ne connais pas ou connais encore mal.

 

 Quels sont les projets du label pour le futur ?

 Le début 2013 est très chargé : arrivée des nouveaux albums de Marvin, Ventura, Powerdove, Micah Gaugh ainsi qu'un nouveau 45 tours de Papier Tigre.

Pour tout dire, au moment même où j'écris, je suis exclusivement concentré sur toutes ces sorties.

J'ai déjà des choses en tête pour la fin d'année, mais je préfère ne rien dévoiler pour le moment.

 

 Pour finir, c'est quoi ta dernière découverte musicale ?

 Ma dernière vraie découverte c'est Micah Gaugh. C'est une musique qui met les nerfs à rude épreuve. C'est très hermétique. Pas pour tous. Mêmes les habitués du label vont sûrement être surpris et se poser des questions à la première écoute. Selon moi ce disque pose de vraies questions sur les règles de composition de la musique acoustique. 

C'est une musique extrême, qui peut sembler mal articulée ou sonner comme du n'importe quoi si on ne fait que la survoler. Pour moi, c'est le disque clef d'Africantape. Celui que j'ai toujours rêvé de sortir.

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